Je me réveille, je suis seule, il y a un mot sur la table, les parents sont en courses avec ta marraine.
Le téléphone sonne, c'est le gendarme, M. R., il veut que je fouille la maison, que je fouille ta chambre, que je fouille les poubelles car il y a une substance dans ton sang qui apparait mais qui n'est pas dans le traitement que je leur ai donné le 24 au soir. C'est de l'équanile.
Je raccroche, je cherche dans ta chambre, je déplace les meubles, il n'y a rien derrière. Je fouille tes meubles, rien, je regarde dans tes vêtements, rien, j'ai regardé partout dans ta chambre, il n'y a rien.
Je descends, je fouille la cuisine, ta boite à médicaments puis la poubelle, rien de rien. J'appelle le foyer postcure ou tu étais, ils me passent le médecin, Dr B., on fait le point sur le traitement et il y a en bas de la feuille inscrit 1 mépronizine le soir au coucher si besoin. Je ne l'avais pas vu. Je rappelle le gendarme, je lui dis pour la mépronizine, il prend les coordonnés du médecin pour le rappeler. Il me dit de venir avec les parents à 15H30.
Les parents rentrent, je continue mes recherches et vide les poubelles encore. Nous mangeons puis l'heure arrive, Jocelyne nous emmène au commissariat. En y arrivant, les voisins y sont aussi car ce sont eux qui t'ont vu les derniers, ils t'on remit la clef de la maison. Les voisins sont reçus par un monsieur et les parents par un autre, ils refusent de m'entendre.
Je vais dehors avec Jocelyne, les minutes passent et il ne se passe rien. On discute. Jocelyne fume. On attend. Quelqu'un vient me trouver, je rentre M. R. souhaite que je lui remette la liste des médicaments en ma possession, je ne l'ai pas prise, le voisin me remmène chez les parents la chercher et dans la voiture j'appelle Magali qui consulte le Vidal et me rappelle en me confirmant que dans la mépronizine il y a deux molécules dont l'une est l'équanile. J'arrive dans le bureau de M. R., les parents sont assis ne disent pas grand-chose à part « je sais pas, c'est tout ». Je lui remets la liste, lui montre la mépronizine et les doses changées depuis cette liste. Je lui demande ou s'en est, on attend de savoir s'il y a de l'équanile dans la mépronizine dit-il ? Je lui dis ce que je sais, là il m'annonce que les doses retrouvées dans ton sang sont dignes de provoquer un coma. Il sort du bureau nous laisse attendre puis vers 18H30 nous dit que c'est bon, il délivre l'autorisation à la mairie de nous délivrer le permis d'inhumer dès l'ouverture le lendemain matin. J'ai réussi Stéphane, ils te laissent en paix sans te charcuter, sans te triturer tes membres inutilement.
Je sais que tu n'aurais pas souhaité et moi je sais que je ne voulais pas qu'ils te charcutent. Même si tu as pris plus de cachets qu'il ne t'en fallait ça ne te ramènerait pas. Je veux que ton corps reste entier et que tu trouves le repos paisible et éternel. A notre retour je suis soulagée de ce j'ai obtenue mais je sais maintenant que les démarches à faire sont difficiles car je les ai mal vécues au décès de mémé Andrée Bouy et oui. Je décide de les laisser assumer ses démarches et de rentrer voir mon fils et mon mari car je ne vais pas bien, j'ai besoin de me réfugier auprès d'eux. Je pars dans la nuit, c'est Michel et Virginie qui montent en voiture avec moi car ils ne veulent pas que je rentre seule.
Malheureusement notre père me demande de faire les mêmes démarches qu'eux pour voir si les prix sont corrects. Avant de partir maman souhaite que je prépare les habits pour qu'ils t'habillent. Tu portes la chemise, le pull, les sous-vêtements que je t'ai acheté. Tu es beau, mon frère !
Je préfère un jeans et non un velours qui fait vieux et tes chaussures que tu viens de t'acheter.
C'est dur !
