1 - Stéphane, mon frère, mon héros, mon jumeau, mon double

1 - Stéphane, mon frère, mon héros, mon jumeau, mon double
Aujourd'hui 24 juin 2006 le téléphone a sonné,
Aujourd'hui mon frère tu n'es plus.


Le mot fin est impossible à prononcer.
Dès mon entrée dans la maison j'ai demandé qui était allé te voir. Téo. Alors je lui ai demandé ou est mon frère, elle a dit dans sa chambre mais ne monte pas toute seule je passe devant toi, tu risques d'être choquée, attends moi je veux t'accompagner. Et je suis montée te voir, te toucher, te dire au revoir et surtout te dire que tu peux partir en paix, tout, je t'ai tout pardonné tout, je veux que tes démons tu me les laisses et que tu partes pour la paix en toi.



J'ai du mal à croire tout ça, je ne réalise pas. Je suis d'apparence forte et la seconde suivante je pleure car je me dis que tu ne seras plus. On ne se verra plus.
C'est un vide qui s'installe. Tu sais le vide de pépé et mémé et bien je dois accepter de vivre aussi ce vide pour toi, mon frère. Ca va être long de l'accepter, même si je suis persuadée de ne jamais trouver la force d'accepter !
Bruno est resté avec Antoine et Yannis. Nous voulons protéger Antoine de ces moments difficiles.


Ton Antoine que tu aimes tant, que tu as chéri comme s'il était ton propre fils. Tu l'as aimé. Tu lui as donné le biberon dans ses premiers jours de vie et seul, tu en étais heureux que je te laisse t'occuper d'Antoine si petit.
Plus grand tu lui as donné son bain, habillé ... ... comme ta chair, tu l'as chéri. Tu as été un oncle exemplaire et je ne t'en remercierai jamais assez, Tatane adore son tonton Stéphane.


Tu n'as pas eu une vie de rêve mais tu es important et indispensable, un être cher dans ma vie. L'amour dans ce lieu on ne le prononce pas. Tu ne le sais pas mais je te le dis, je t'aime plus que tout au monde et je souffre depuis très longtemps de te savoir malade. Et je souffre encore plus de ne pouvoir te donner un remède qui t'aurait guéri de ta schizophrénie.

Et moi Stéphane, je ne t'en veux pas. Depuis longtemps je sais que ce qui s'est passé était dans des moments ou tu étais malade et donc plus toi-même. Je n'ai aucune haine contre toi, juste de la peur contre ta maladie. Mais tu étais bien, enfin, tu ne me montrais plus ton mal je crois maintenant.
Pour me soutenir j'ai amené dans ma valise le luminou d'Antoine pour dormir avec et me consoler.


Je ne réalise pas. J'espère me réveiller demain et que tout soit qu'un rêve.

Lorsque je t'ai vu Stéphane, mes seuls mots sont : tu es beau, allongé sur ta couette la tête légèrement tournée à gauche, les yeux à demi ouvert comme pour me dire au revoir "MA S¼UR", je te dis pour toujours dans ton c½ur, car Ce moment est gravé pour toujours dans mon c½ur et ma mémoire. J'avais le sentiment que tu me regardais, ton visage était si paisible, calme, détendu, serein, plein de paix. Ca fait mal, oh très mal !

De te voir ainsi, mon c½ur saigne, jamais tu n'as mérité tout ce qui t'es arrivé, NON jamais.

# Posté le dimanche 07 janvier 2007 16:13

Modifié le mercredi 20 février 2008 04:28

2 - C'est mes 30 ans Stéphane, je t'aime

2 - C'est mes 30 ans Stéphane, je t'aime
Aujourd'hui, 25 juin 2006

Je ne suis pas dans un rêve, c'est une douloureuse réalité, inacceptable.

Aujourd'hui j'ai 30 ans et je suis malheureuse de ne pouvoir te serrer dans mes bras. Je suis malheureuse que tu ne m'appelles pas pour me dire « bon anniversaire MA S¼UR ».

Aujourd'hui c'est dur ! Mais tous les jours suivants le seront aussi et c'est ma dure réalité, je vais devoir la porter pour toujours et ça fait mal !

On est dimanche, ma vie est suspendue à un fil et je ne touche pas terre, je suis horrifiée, terrifiée, terrorisée, comment peut on mourir à 31 ans 2 mois et 5 heures ? C'est trop jeune, c'est trop tôt.

Je me rappelle tes yeux entrouverts, ta mèche blonde, ta tache de café au lait, toi, mon frère, tu es une partie de moi et avec toi, une partie de moi t'accompagne, nous sommes liés à jamais et on se retrouvera !


Une pensée d'une petite s½ur déchirée pour son frère tant aimé

Promets-moi, si tu me survis, d'être plus fort que jamais,
Je serais toujours dans ta vie près de toi, je te promets,
Et si la mort me programme sur son grand ordinateur
De ne pas en faire un drame, de ne pas en avoir peur

Pense à moi comme je t'aime et tu me délivreras,
Tu briseras l'anathème qui me tiens loin de tes bras,
Pense à moi comme je t'aime, rien ne nous séparera,
Même pas les chrysanthèmes, tu verras, on se retrouvera...

N'oublie pas ce que je t'ai dit, l'amour est plus fort que tout,
Ni l'enfer, ni le paradis ne se mettront entre nous,
Et si la mort me programme sur son grand ordinateur,
De ne pas en faire un drame, de ne pas en avoir peur,

Pense à moi comme je t'aime et tu me délivreras,
Tu briseras l'anathème qui me tiens loin de tes bras,
Pense à moi comme je t'aime, rien ne nous séparera,
Même pas les chrysanthèmes, tu verras, on se retrouvera...

On se retrouvera, on se retrouvera Stéphane

# Posté le lundi 08 janvier 2007 18:25

Modifié le mercredi 20 février 2008 04:28

3 - Stéphane est-ce vrai ?

3 - Stéphane est-ce vrai ?
Aujourd'hui 26 juin 2006,

Je me réveille, je suis seule, il y a un mot sur la table, les parents sont en courses avec ta marraine.
Le téléphone sonne, c'est le gendarme, M. R., il veut que je fouille la maison, que je fouille ta chambre, que je fouille les poubelles car il y a une substance dans ton sang qui apparait mais qui n'est pas dans le traitement que je leur ai donné le 24 au soir. C'est de l'équanile.
Je raccroche, je cherche dans ta chambre, je déplace les meubles, il n'y a rien derrière. Je fouille tes meubles, rien, je regarde dans tes vêtements, rien, j'ai regardé partout dans ta chambre, il n'y a rien.
Je descends, je fouille la cuisine, ta boite à médicaments puis la poubelle, rien de rien. J'appelle le foyer postcure ou tu étais, ils me passent le médecin, Dr B., on fait le point sur le traitement et il y a en bas de la feuille inscrit 1 mépronizine le soir au coucher si besoin. Je ne l'avais pas vu. Je rappelle le gendarme, je lui dis pour la mépronizine, il prend les coordonnés du médecin pour le rappeler. Il me dit de venir avec les parents à 15H30.


Les parents rentrent, je continue mes recherches et vide les poubelles encore. Nous mangeons puis l'heure arrive, Jocelyne nous emmène au commissariat. En y arrivant, les voisins y sont aussi car ce sont eux qui t'ont vu les derniers, ils t'on remit la clef de la maison. Les voisins sont reçus par un monsieur et les parents par un autre, ils refusent de m'entendre.

Je vais dehors avec Jocelyne, les minutes passent et il ne se passe rien. On discute. Jocelyne fume. On attend. Quelqu'un vient me trouver, je rentre M. R. souhaite que je lui remette la liste des médicaments en ma possession, je ne l'ai pas prise, le voisin me remmène chez les parents la chercher et dans la voiture j'appelle Magali qui consulte le Vidal et me rappelle en me confirmant que dans la mépronizine il y a deux molécules dont l'une est l'équanile. J'arrive dans le bureau de M. R., les parents sont assis ne disent pas grand-chose à part « je sais pas, c'est tout ». Je lui remets la liste, lui montre la mépronizine et les doses changées depuis cette liste. Je lui demande ou s'en est, on attend de savoir s'il y a de l'équanile dans la mépronizine dit-il ? Je lui dis ce que je sais, là il m'annonce que les doses retrouvées dans ton sang sont dignes de provoquer un coma. Il sort du bureau nous laisse attendre puis vers 18H30 nous dit que c'est bon, il délivre l'autorisation à la mairie de nous délivrer le permis d'inhumer dès l'ouverture le lendemain matin. J'ai réussi Stéphane, ils te laissent en paix sans te charcuter, sans te triturer tes membres inutilement.

Je sais que tu n'aurais pas souhaité et moi je sais que je ne voulais pas qu'ils te charcutent. Même si tu as pris plus de cachets qu'il ne t'en fallait ça ne te ramènerait pas. Je veux que ton corps reste entier et que tu trouves le repos paisible et éternel. A notre retour je suis soulagée de ce j'ai obtenue mais je sais maintenant que les démarches à faire sont difficiles car je les ai mal vécues au décès de mémé Andrée Bouy et oui. Je décide de les laisser assumer ses démarches et de rentrer voir mon fils et mon mari car je ne vais pas bien, j'ai besoin de me réfugier auprès d'eux. Je pars dans la nuit, c'est Michel et Virginie qui montent en voiture avec moi car ils ne veulent pas que je rentre seule.

Malheureusement notre père me demande de faire les mêmes démarches qu'eux pour voir si les prix sont corrects. Avant de partir maman souhaite que je prépare les habits pour qu'ils t'habillent. Tu portes la chemise, le pull, les sous-vêtements que je t'ai acheté. Tu es beau, mon frère !
Je préfère un jeans et non un velours qui fait vieux et tes chaussures que tu viens de t'acheter.


C'est dur !

# Posté le samedi 10 février 2007 15:32

Modifié le mercredi 20 février 2008 04:29

4 - Stéphane j'ai peur

4 - Stéphane j'ai peur
Aujourd'hui le 27 juin 2006,

Je pars aux pompes funèbres, c'est dur, je suis seule, les démarches sont difficiles parce qu'elles me rappellent la réalité que je n'accepte pas. Je choisis le cercueil, le capiton, les dorures, une croix au dessus du cercueil. Je donne le contact de la chambre funéraire ou tu es. Le monsieur téléphone afin d'inclure tous les frais pour le prix des obsèques. Ils répondent qu'ils n'ont pas de M. Stéphane B.. Je deviens liquide, je panique, j'appelle M. R. qui me confirme que tu es là-bas. Je rappelle et tu y es, ils avaient transféré leur standard sur un autre site.

Je respire.

# Posté le samedi 10 février 2007 15:41

Modifié le mercredi 20 février 2008 04:29

5 - Préparation de ton départ

5 - Préparation de ton départ
Aujourd'hui 28 juin 2006,



Stéphane,

Je dois préparer la messe de ton enterrement à Ravières.

Les curaillons ne sont pas des gens intelligents, voilà ma
conclusion.

Ils ne respectent rien et surtout pas les morts !

Quelle déchirement pour moi !

Je t'aime





Mon frère,

C'est dans sa dernière demeure que je vais le conduire demain,
J'ai besoin de crier à la terre entière ma douleur,
Mon frère nous a quittés samedi à l'âge de 31 ans,
J'ai mal,
C'est quelqu'un de bien, d'exceptionnel et la maladie l'a emmené.
Je ne sais pas pourquoi j'ai ce besoin de vous écrire à tous mais c'est fait.
Merci de m'avoir lu

Sandrine

# Posté le samedi 10 février 2007 15:57

Modifié le mercredi 20 février 2008 04:29